Et la Mort, et le chant des rêves
Je ne l’écoute plus, ils se coordonnent quand je cède,
Un plongeon dans une piscine à l'eau noire, reptilienne,
Qui n’aime pas les longueurs,
Qui perd la nudité de son coeur dès qu’elle se fait seulement sentir…

Les insectes indécouverts malaxent les feuilles amazoniennes,
Amazone, qui coule dans les ailleurs,
Cette fraîcheur des ailleurs,
Ce goût de soi venu des autres,
Ces autres qu’il faut aller chercher,
Ces ailleurs qui s’ignorent,
Ces ailleurs qui ne se veulent pas, comme nudité…
Et la mort, les flambeaux le long du carnaval souterrain,
La mort, ce sourd grondement qui vient du fond du ventre des années futures,
La mort,
Et (7 milliards)² de tiraillements, de douleurs, de duretés…qui s’infinissent, se noient, s’engloutissent.
Autotrophie.

Depuis quelques jours je me dis qu’il y a quelque chose de minéral, d’osseux dans cette chose sans forme ni matière que l’on appelle de tous nos voeux l’(in)existence…

De minéral, d’osseux.

Qu’il faudrait se foutre de toute la pensée et vivre l’instinct.
Mais justement, vivre devant tant de mort sure demande une pensée d’équilibriste.

L’homme aime l’illusion, elle l’aide à supporter beaucoup d’inacceptable, comme sa finitude devant les Immensités dentues.

Je ne m’inquiète pas pour la culture mondiale, la petite proportion de gens qui s’en préoccupent n’a jamais failli, et a toujours trouvé des adeptes, car c’est une quête, une solitude, le dernier trésor d'un carambolage de labyrinthes, encastrés par milliards….

On me crèvera de pessimisme, Adam Smith disait qu’il fallait permettre au plus grand nombre possible de gens de s’élever à une vie acceptable. De nos jours, il faut freiner des quatre fers pour en tuer le moins possible.

Il y a 4 cavaliers de l’Apocalypse, si je puis me permettre cette analogie honteuse : la vitesse du progrès ( et non le progrès lui-même ), le système financier, complètement dégénéré, l’augmentation démographique, et le dérèglement climatique. Et en face il y a quoi ? Le Serpent qui se mord la queue : les 7-8-9-10 milliards d’individualités dans le grand bain de la totalité sociétale, et du temps sans bornes…

Comment un Dieu pourrait-il être jamais légitime devant 10 milliards de traînées vivantes d’ennuis et de gros problèmes ? C’est un bain de molécules qui s’entrechoquent, de l’arbitraire apparent au chaos intérieur.
Et de l’amour de la Vie, à en faire craquer l’Univers par hurlements, dans le silence….

Comment préserver la solidarité éclairée ?…