Ce matin, presque rien.

Le décor du rien c'est un lundi matin pétrifié par son froid encore nocturne. Pas âme  qui vive. Juste des mécaniques qui buguent autant qu'elles se font mal dans leurs efforts pour se faire avancer.

Le week-end fut fatigant, même passé sur le lit, car les maladies traînent dans les brumes et entrent se réchauffer dans nos petits corps, douillets pour elles, mais aux nerfs inévitablement usés...

La SNCF fait grève, je dois garder la petite, malade, j'ai évité l'enfer.

J'ai mal au dos, j'ai mal au ventre; j'y vais tout doux, à la maison.

Le réalisme fait loi, tout ça est très raisonnable.

Hier mes nerfs se libéraient dans des paroles esseulées adressées au plafond, et à son araignée :) pendant j'avais le cruel heur(t) de décevoir ma femme une énième fois par mon absence dans la réalité...

En fumant sur le balcon, je me disais que le coeur se devait de se prendre pour le vaisseau du désert : le dromadaire, pour se passer d'amour durant les traversées de ces trottoirs gris et glaçants qui ne veulent rien dire comme lui peut se passer d'eau durant des jours et des jours.

La vie est un désert pour le coeur, il faut apprendre à y vivre, et s'y discipliner comme un touareg, apparemment...

Et si tout est agressif et sans justification spirituelle, seigneur dieu, apportons les chaleurs pleines de couleurs quand nous le pouvons.

Le soleil qui cogne et blanchit les os de ceux qui se sont perdus, c'est le néant. La beauté blesse le coeur comme l'eau portée aux lèvres fait mal à celui qui fut assoiffé un long temps...

Françaises, français, même parmi les plus riches du monde, on a des vies de con.

Avec l'âge le néant finit presque par être accueillant pourtant.

Je t'aime de toute mon âme, tant qu'elle peut. Toi, toi, toi, toi et toi.

Puis à 13h les informations; et là tilt : les informations.

Il y a un gros problème sur les informations.

Le lendemain. Toujours grève de la SNCF, je n'ai pas évité l'enfer, je suis entré DEDANS. Et je suis arrivé à la bourre, évidemment.

...

Tout est dans l'Instant.
Toute la folle énergie du monde, de l'Univers, est dans l'instant présent.
Tous les antagonismes.

Aucune mesure de temps ne peut aboutir à un résultat inférieur à 5,4 10-44 seconde, selon la théorie quantique.
Certains physiciens nomment cette durée élémentaire: le CHRONON

Mais le Blownblue n'est pas encore super-quantique et il n'écrit pas encore à l'intérieur de la durée d'un chronon
donc il a appelé ça le journon, quand il en rencontre un qui veut bien se laisser décrire, plus ou moins chaotiquement.

Dans ce qui est devenu l'immeuble virtuel de mon esprit,

Douleurs sternales.

Péristaltisme salvateur.

Dans ce qui est devenu l'immeuble virtuel de mon esprit,
je me suis rendu compte qu'il n'y avait que des gens qui aimaient écrire.

Depuis tout ce temps, mes écrits ont appelé des scripteurs, et uniquement des scripteurs, sur la longue durée...
Il doit y avoir là communauté de pensées, communauté d'âmes quelque part, dans cet immeuble qui se dessine vaguement...

La frontière virtuel-réel... une métaphore du chronon qui s'é-clara...

En dehors du chronon il n'est point de vie, car il n'est pas de vie dans le futur, ni dans le passé. Faux ?

Mes poumons se rebellaient contre la pollution. C'était une infamie épouvantable.

Cats me suggéra un moyen idyllique de traverser la frontière du virtuel :

Trouve un grand espace disponible, de l'herbe, des fleurs, des bancs, de la bonne humeur et des sourires, prépare une table, vide, mets juste la nappe, blanche comme pour les jours de fête, pose sur la nappe blanche un coin de bleu du ciel, si tu ne trouves pas, un dessin au crayon de couleur devrait suffire (demande à ta fille, elle sera ravie), le soleil apparaîtra alors, invite le à te tenir compagnie, si un ou deux nuages passent, (les nuages font aussi partie de la vie), invite les aussi, assieds toi au milieu de l'espace, à côté de la table, avec le ciel, le soleil et les nuages, préviens tout le monde, attends patiemment, ça ne durera pas longtemps, ne serions nous pas capable de tous venir ? :-)

Je ne sais pourquoi, mais ce moyen-là m'appeurait par son innocence, comme un démon qui aurait peur de l'eau bénite... :) ou d'une liberté que je n'avais pas, que m'évoquèrent les 4 vents, en soulignant le presque rien qu'il fallait...le petit rien là par hasard... Et d'ailleurs quand la jolie fille d'à côté vint me voir, je sentis aussi ce blocage :

Qui peut dire que nous ne nous verrons jamais ? Seul Dieu sait.
J'ai vérifié la définition de l'adjectif "virtuel" : du latin virtus, force.. Entre autres, qui concerne la simulation d'un environnement par des images de synthèse..
Qui n'est qu'en puissance : potentiel, possible.
Rien n'est dit sur notre capacité d'apprécier, et même d'aimer des gens que l'on ne connait pas de visu.. Prendre des nouvelles chaque jour de tes amis, leur écrire un mot, comprendre, être attentionné, sourire, compatir.. Rien n'est virtuel dans tout cela Phil.. Quand je vois ton nom dans mes commentaires, crois-moi, je souris. Pour de vrai^^

La subjectivité était bloquée par la raison...et faisait appel à dieu, ou au temps par Terpsi :

J'aime tes coucou chez moi... virtuel ou réel... mes sentiments eux sont bien réels...
Pour le reste... le temps fera de lui-même ce qu'il a à faire...

Mon amie P, Mon âme IP, Mon nid mappé :), nous approcha d'un centre virtualo-réel par un bisou sur la joue...

Tu n'es pas que des mots, tu es quelqu'un qui s'exprime, avec cette forme de langage que l'on a pour communiquer, a ta facon. Je suis plutot seule. Je vis seule. Dans la vie, ou sur le net, il ya des gens, qui passent, qui restent, ou pas. Tu es de chair, je suis loin, si j'étais près, je te remercierais, par un baiser, comme je suis loin, je le donne quand meme, il est la, sur toi, je l'ai pensé, je l'ai voulu, je le fais avec coeur, je le fais vraiment, tu ne sais pas, la chaleur du baiser, ni sa texture, ni sa longueur, ou son impact, sa pesanteur sur la peau, mais je peux te le dire, te le décrire, et tu le sentiras, quelque part, comme tu sais que tu as une amie, quelque part. Voici alors, ferme pas les yeux, tu ne verras plus ce que jécris :) je suis tres drole , jsuis un peu génée :D merci Bleu :) alors un bisou sur la joue, plus présisément au centre de la joue, ta joue droite, un bisou a peu pres de la largeur de la moitié de ton ptit doigt, qui dure 3 secondes, lol, comme jai le nez assé prononcé (mais pas gros hein) ya le bout de mon nez en bas de ton oeil, et jai la lèvre inférieure plus grosse que celle du bas, et que puis je dire dautre, ce qui nous reste en vrai ou en net, cest une impression, une sensation, une odeur, imagine toi une odeur de neige, au québec il fait froid. Bref bleu, jai fais un vrai bisou.
Amitié.
P

Je me suis donc mis à penser un bisou. Je demandai au dieu Olivier s'il avait déjà pensé ça. Dieu envoie des signes alors j'attendis, pensif : dans les coulisses de l'immeuble sipirituel qui avait depuis pris la forme d'un bisou, j'avais parlé avec Cats de la part de la subjectivité dans la vérité scientifique, qui est tout d'objectivité...
Et qui ne serait donc pas humaine...

Un bisou net ou vrai...tremblant de l'entre-deux, de l'indéfini...

Nous avons tous peur de nous trouver en hiver me dit Hyène. Peur que tout s'écroule, que la réalité soit le rêveil qui abolisse le rêve, car comme le développa un peu mieux Maurice, toujours au bras de hyène :

Des ponts existent entre le virtuel et le réel mais comme tu le dis une relation dite virtuelle peut-être parfois plus forte qu'une relation dite réelle même s'il lui manque quelque chose mais c'est aussi peut-être ce quelque chose de mystérieux, cet inconnu stimulant l'imagination qui peut rendre une relation virtuelle très forte. Souvent, le réel déçoit, il est plus pudique, il craint les regards, il sent fort, il est moins propre, il est mal fringué ou trop bien peut-être pour être honnête, il peut difficilement se cacher derrière un pseudo ou des délires inquiétants.

Sous la lune qui s'était soyeusement ombrée, toujours sur le même palier, Almerys me murmura ces mots :

bonjour mon etoile ( apparemment ici les jours passaient sans qu'on les voie...) ...parceque sans toi rien ne serait pareil...a coup de mots et de presence tu m'as fait prendre conscience des choses essentielles dans la vie...t'es dans mon coeur...toujours...et c'est une belle aventure a tes cotes...ça fait partie de notre vie...et ce qui nous rapproche depasse les frontieres virtuelles...je te dis mon etoile mais tu es bien plus que ça...et puis je crois au destin, je sais qu'un jour au detour d'une rue nous nous rencontrerons...ou sur la quai d'une gare...

Ce bisou était à quatre lèvres de nous et nous ne nous voyions pas...

Marie me vint à l'esprit :

L'anonymat c'est peut-être ce qui nous permet de nous délester de toutes les conventions sociales qui nous retiennent prisonniers!Les blogs c'est communiquer d'esprit à esprit sans la barrière des corps des milieux etc... C'est de l'amitié pure et sincère!

De l'amitié pure et sincère donc... moi qui croyait qu'il s'agissait là une certaine forme d'amour, à moins que ce soit une autre façon de le dire... :)

Le mystère demeura en l'air, avec un peu de Lio et une entière sentence d'une ange bleue et jaune que j'introspecte encore...

Je suis là, dans le silence ou dans léger bruit des touches de clavier. Je ne sais pas qui tu es, je me contente de ce que tu donnes ici, cette infime partie de toi qu'à l'oeil nu on ne pourrait voir. Tes angoisses que pour rien au monde tu partagerais dans la rue trouvent ici des respirations et des réponses attendues et parfois inattendues.
Si le désir de rencontrer se fait imminent alors pourquoi hésiter si l'autre y consent ? Demain sera, et qu'importe ce qu'il sera. Nous serons tous vieux avec dans nos mémoires un petit coin de ton ciel bleu. Je ne me pose pas la question de savoir si je veux te rencontrer.

Moi si Elisa, et plus d'une fois... :) Mais... cf ci dessus.

Alors la gente dame répondit :

"(L'envie d'une rencontre me rappelle à ce texte que tu dois connaître déjà. Je te le repose là pour l'occasion).

Je comprends que tu te poses la question de rencontrer tes amis, leurs douces présences quotidiennes aiguisent chaque fois un peu plus la curiosité de dévoiler leurs visages sous les mots.

J'ai fait l'effort alors de me la poser aussi, pas trop longtemps, j'ai présenti un peut-être qui m'a rappelé à mon texte, où le peut-être pourrait être un oui+ et un non+ à la fois, un fil fragile et sublime qu'il suffirait d'un geste lent ou d'un pas trop rapide pour le détruire. Je ne me la pose donc pas plus longtemps.

Mais pour toi,
Si au peut-être l'impossible persiste alors ...

Ecoute ta peau qui se rêve à fleur d'autres peaux,
ton oreille qui attend l'echo pur des voix sous les mots
tes yeux qui voudraient dessiner les contours de l'invisible
Donne au lourd silence le pouvoir du dicible.


Peut-être

Il fait si froid, l’air est bleu
Il n’a que d’yeux, pour cette fenêtre.
Depuis six mois, même quand il pleut
Il reste figé là pour un peut-être.

Peut-être¬Ö
Qu’elle lui dira « Bonjour Monsieur ! »
Peut-être¬Ö
Qu’elle lui sourira
Peut-être¬Ö
Qu’elle le regardera droit dans les yeux
Peut-être¬Ö

Il fait si gris, dans ses cheveux
Des mots si vieux au fond de ses poches.
Qu’ils sont rouillés et silencieux
Qu’espère t’il si elle s’approche ?

Peut-être¬Ö
Alors qu’il parlera
Peut-être¬Ö
Même qu’il lui sourira
Peut-être¬Ö
Qu’il paraîtra moins vieux
Peut-être¬Ö

Il fait si blond, dans son miroir
Un teint si clair à sa fenêtre
Elle est si jeune, que meurt l’espoir
De jour en nuit, d’un peut-être."

Et je restais là, scotché par la noblesse de la dame.

Je suis un peu stupide parfois, de foncer dans ce qu'en bon poète je ne devrai qu'évoquer, et suivre en cela un des préceptes de Goethe.

Peut-être la lassitude d'évoquer peut-être...

Ce peut-être qui fut ma devise il y a peu...

Je souris à la dame, le décor avait changé, nous étions dans une rue perdue, la nuit, dans l'espace... d'un souvenir...